Par Léon Idole HOPAY
La récente appréciation du franc congolais face au dollar américain continue de diviser les observateurs économiques. Si certains y voient un signe de stabilisation, d’autres appellent à la prudence. Parmi eux, le professeur Godé Mpoy, économiste et ancien président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, qui qualifie cette embellie de « provisoire » et « fragile ».
Selon lui, les mesures prises par la Banque centrale du Congo (BCC) ,notamment l’injection de devises sur le marché, la réduction du taux directeur et l’ajustement du coefficient de réserves obligatoires ,ne constituent que des palliatifs de court terme. « Ces interventions, bien qu’elles aient permis d’absorber une partie de la masse monétaire, comportent un risque de contrecoup », prévient-il.
Le professeur Mpoy explique que la baisse du taux directeur, censée stimuler le crédit, pourrait paradoxalement recréer une nouvelle masse monétaire, annulant ainsi les effets de la contraction initiale. À terme, ajoute-t-il, cette stratégie risque d’entraîner une érosion progressive des réserves de change, la BCC devant continuellement injecter des devises pour maintenir la stabilité du franc.
Pour l’économiste, la véritable issue passe par une réforme structurelle de la politique économique. « Il faut une cohérence entre les politiques monétaires, budgétaires et publiques. Tant que cette articulation ne sera pas comprise, le pays continuera à se féliciter de ce qui fait en réalité sa honte », tranche-t-il.
Godé Mpoy appelle ainsi à renforcer les recettes internes, assainir la gouvernance et lutter efficacement contre la corruption, qu’il considère comme les conditions sine qua non d’une stabilité durable.
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