Par K.P.
Face à la recrudescence des actes xénophobes visant des ressortissants africains en Afrique du Sud, l’archevêque de Durban, Mgr Siegfried Mandla Jwara, est sorti de son silence pour dénoncer ces violences et exprimer sa solidarité envers les victimes.
Dimanche 31 mai, le prélat catholique a mandaté un représentant de la Commission diocésaine "Justice et Paix" pour transmettre un message de réconfort et de fraternité aux fidèles étrangers de la paroisse Saint-Pierre du quartier South Beach, de Durban.
À travers cette démarche, l’Église catholique a tenu à réaffirmer sa proximité avec les communautés africaines confrontées à un climat grandissant d’hostilité.
Au nom de l’archevêque, M. Kalyi a condamné avec fermeté les actes de violence perpétrés contre les étrangers. « Ce qui se passe contre les Africains étrangers n’est pas acceptable. Aucun citoyen civil n’a le droit de contrôler l’identité d’autrui, même lorsqu’il s’agit des personnes en situation irrégulière », a déclaré.
Tout en rappelant la nécessité pour les personnes sans documents de régulariser leur situation auprès du ministère sud-africain de l’Intérieur (Home affairs). Il a insisté sur le respect inconditionnel de la dignité humaine. « On ne peut pas violenter des personnes, quelles que soient les circonstances administratives dans lesquelles elles se trouvent », a-t-il souligné.
Ce message a suscité un vif soulagement parmi les nombreux fidèles étrangers présents à la célébration, notamment des Congolais et des Nigérians et le célébrant lui-même, père Richard, originaire d’Eswatini (Swaziland) et membre de la congrégation des Pallottins. Le religieux est un de nombreux Africains qui exercent leur ministère dans la région de Durban.
Selon plusieurs observateurs ecclésiastiques, la montée des tensions xénophobes préoccupe fortement les responsables religieux locaux.
De nombreuses paroisses de Durban sont animées par des prêtres et religieux originaires d’autres pays africains, désormais exposés à des discours hostiles, les accusant de prendre les emplois des citoyens sud-africains.
Au milieu silence de la classe politique et de l’élite sud-africaine, la prise de position de Mgr Mandla apparaît comme l’une des rares voix morales à dénoncer ouvertement cette vague de xénophobie.
À l’approche des élections générales prévues l’année prochaine, plusieurs analystes estiment que les difficultés économiques et sociales persistantes constituent un terreau favorable aux discours populistes et nationalistes. Certains mouvements instrumentalisent ainsi le malaise social pour attiser la méfiance envers les populations étrangères.
Malgré le réconfort apporté par le message de l’archevêque, de nombreux ressortissants congolais vivant à Durban demeurent inquiets. Une forte anxiété entoure notamment l’échéance du 30 juin, date évoquée par certains groupes hostiles aux étrangers comme le début d’une nouvelle phase de mobilisation contre les étrangers africains.
Dans ce climat de tension, l’appel de l’Église catholique à la fraternité, au respect de la dignité humaine et à la coexistence pacifique entre 'frères africains" résonne comme un plaidoyer en faveur de l’unité et du vivre-ensemble au sein de la société sud-africaine.
K.P.
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