Expédiées de Pologne vers la société IBD, ces marchandises étaient truffées de salmonelle ce que relèvent les experts de l'Office congolais de contrôle.
L’alerte est venue de l’Union européenne. Le 28 mai, le système européen RASFF signalait le retrait du lot du marché. Le directeur général de l’OCC, le professeur Pierre Lihauhola Osomba, a immédiatement ordonné le blocage : examen documentaire, inspection physique, analyses en laboratoire. Résultat : présence massive de Salmonella enterica sérotype Infantis, une bactérie aux effets foudroyants ; fortes fièvres, diarrhées aiguës, déshydratation sévère, surtout mortelle pour les enfants et les plus fragiles.
La machine judiciaire s’est aussitôt mise en branle. En droit congolais, importer et tenter de vendre des denrées corrompues ou nuisibles à la santé constitue une infraction lourdement sanctionnée. L’article 430 du Code pénal prévoit une servitude pénale de trois mois à cinq ans et une amende pour quiconque détient en vue de la vente des substances alimentaires falsifiées ou toxiques. La loi n°18/020 du 27 décembre 2018 relative à la sécurité sanitaire des aliments aggrave ces dispositions en imposant des amendes pouvant atteindre plusieurs millions de francs congolais et, lorsque la consommation entraîne la mort, des peines criminelles. L’OCC a transmis le dossier au parquet, qui devra déterminer les responsabilités pénales de la société IBD et de ses éventuels complices dans la chaîne d’importation.
Mais cet épisode met surtout en lumière un mal bien plus profond. La RDC engloutit chaque année 3 milliards de dollars dans les importations alimentaires, alors que 80 % de ce que le pays consomme vient de l’étranger. Plus frappant encore : le poulet surgelé, souvent bas de gamme, coûte au pays 145 millions de dollars par an, pendant que moins de 10 % des 80 millions d’hectares arables sont exploités.
Le pays reste un déversoir pour les surplus refusés par l’Europe. En attendant une souveraineté agricole promise par les autorités, l’œil de l’OCC et la rigueur des tribunaux restent les derniers remparts entre le consommateur congolais et l’assiette empoisonnée.
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