La République Démocratique du Congo (RDC) se trouve de nouveau à la croisée des chemins. Le débat houleux autour du changement de la constitution ravive les tensions entre l'État et l'Église catholique, un bras de fer historique dont les précédents rappellent les époques mouvementées des régimes de Mobutu Sese Seko et Joseph Kabila.
Historiquement, l'Église catholique a toujours pesé lourd dans les affaires politiques du pays. Son influence, rempart contre l'arbitraire, a maintes fois freiné les aspirations autocratiques des dirigeants congolais. Sous Mobutu, l'Église a été une voix dissidente face à la dictature, utilisant sa tribune pour défendre la démocratie et les droits humains. La Conférence Nationale Souveraine, en 1991, symbolisait le point culminant de cette résistance, laissant Mobutu dans l’incapacité de la museler complètement.
Sous Joseph Kabila, l'histoire a semblé se répéter. Lorsque l'Église a contesté les manipulations électorales et les prolongations de mandat, elle a subi intimidation et répression. Néanmoins, son rôle dans les accords de la Saint-Sylvestre en 2016 a démontré à quel point sa médiation restait primordiale pour garantir la paix et le dialogue.
Aujourd'hui, alors que le gouvernement actuel envisage de modifier la constitution, l'Église catholique s'oppose fermement à cette démarche unilatérale. L’histoire nous enseigne que s’opposer à l’Église a souvent mené à des troubles politiques et sociaux accrus. Est-ce donc une erreur de revivre le passé, d’ignorer la leçon de l’histoire ?
Face à ce dilemme, la question reste : pourquoi ne pas intégrer l’Église dans un dialogue constructif ? En l’excluant, le pouvoir risque d’y perdre sa légitimité et de réitérer les erreurs fatales du passé. L'équilibre entre pouvoir temporel et spirituel, bien que délicat, est crucial pour la stabilité du pays et le respect des aspirations démocratiques de la population qui croit à cette église encore et toujours.
Il es temps de réfléchir sérieusement aux implications de ce bras de fer. Car, comme le dit l'adage, ceux qui ne se souviennent pas du passé sont condamnés à le répéter.
Mais l'actuel Président de la République Démocratique du Congo S.E.M Félix Antoine Tshisekedi a un avantage précieux, celui d'avoir déjà collaboré avec cette même Eglise pour empêcher Joseph Kabila de se faire un troisième Mandat . Un atout précieux pour ramener les hommes de Dieu sur table que d'engager un bras de fer.
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